2- La révision conventionnelle du loyer par le jeu de la clause d’échelle mobile
Indexation automatique du loyer commercial
Les parties peuvent convenir d’une indexation automatique du loyer du bail commercial lors de la signature du contrat. Pour cela, elles s’entendent sur une clause d’échelle mobile. Le contrat prévoit alors une révision automatique, généralement selon une périodicité annuelle. Les parties conviennent également d’un indice de référence pour le calcul du loyer : l’ILC, l’ILAT ou l’ICC. En tant que propriétaire, vous pouvez par exemple choisir d’indexer le loyer sur le chiffre d’affaires de votre locataire. En conséquence, le montant du loyer est amené à varier selon les résultats d’activité du commerçant.
La clause d’échelle mobile facilite les démarches puisqu’elle évite au bailleur de faire une demande auprès de son locataire pour pouvoir indexer son loyer. Elle indique que le loyer est automatiquement recalculé à la hausse ou à la baisse, à date précise, selon l’indice choisi. Le preneur peut d’ailleurs s’appuyer sur son effet rétroactif pour réclamer au propriétaire un trop-perçu de loyer.
Déplafonnement du loyer indexé
Selon l’article L.145-39 du Code de commerce, issu de la loi Pinel de 2014, la révision du loyer peut aussi avoir lieu à chaque fois que le calcul d’une indexation choisie par les parties provoque une variation de plus de 25% par rapport au loyer précédent. L’une ou l’autre partie peut demander la révision immédiate du loyer à la valeur locative.
Le loyer peut ainsi faire l’objet d’une correction. Dans ce cas, le nouveau loyer est basé sur la valeur locative, excluant le plafonnement, et se substitue au prix initial. Attention cependant, car la variation de loyer qui découle de cette révision ne peut conduire à une augmentation supérieure à 10 % du loyer acquitté au cours de l’année précédente. La modification doit donc s’appliquer progressivement, en respectant un palier de 10 % par an.
3- Que faire en cas de désaccord sur la révision du loyer commercial ?
En cas de désaccord, le juge des loyers commerciaux est compétent pour connaître de la fixation du loyer révisé. Selon l’article L.145-60 du Code de commerce, cette action judiciaire doit être intentée dans un délai de deux ans à l’initiative de l’une des parties. Elle repose sur un formalisme strict et implique l’intervention d’avocats.
Les parties peuvent également fonder leur demande sur l’article 1195 du Code civil, issu de l’Ordonnance n°2016-31 du 10 février 2016, portant réforme du droit des contrats. Il crée un régime général de révision du contrat qui s’applique automatiquement à tous les nouveaux baux commerciaux et les renouvellements conclus depuis le 1er octobre 2016, sauf renonciation expresse des parties. Cela permet de réviser l’ensemble du contrat dès lors qu’une modification des circonstances, imprévisible lors de la conclusion du bail, rend son exécution excessivement onéreuse pour l’une des parties.
Ces actions peuvent aboutir à une révision juridique du loyer du bail commercial, parfois défavorable au bailleur. Pour éviter autant que possible cette immixtion du juge dans la relation contractuelle et des frais d’avocats supplémentaires, il est indispensable de bien préparer son contrat de bail.
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